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 "Sieste" sur les rives de l'Anduin

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MessageSujet: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Dim 3 Mai - 11:02

L'Anduin. Une longue et large branche d'eau pure qui séparait deux Royaumes aux coutumes et idées complétement opposées. La frontière du Gondor, ce royaume si peu connu de par chez lui. On lui avait décrit ses habitants comme de grands hommes à la peau brillante comme l'argent, mais presque indestructible et si souple. Cela s'appelait mithril. Nayoko, à l'esprit très rationnel, n'avait jamais put croire à ces histoire, et lorsqu'il décida de quitter son pays natal, son itinéraire se traça rapidement dans son esprit. Contournant près de trois quarts du grand lac de Rhûn, il avait préféré ne pas trop s'approcher du Mordor et ses monts brumeux où sévissaient encore de nombreuses colonies d'orcs et d'ourouks-haï sauvages. Certains possédaient même des trolls, paraît-il.
Ayant donc décidé qu'il était trop jeune pour mourir, même avec l'honneur du combat, il prit route vers le Nord-Ouest avec pour objectif le pays de Gondor qu'il pensait être plus accueillant et surtout plus respectueux que son pays d'origine. Son voyage ne s'était non point déroulé sans encombres et plusieurs fois il avait dut se cacher aux abords de villages et petites cités à feu et à sang.
Les guerres entre les clans et les factions n'étaient pas si rares que ça au pays de Rhûn, mais habituellement cela se passait dans des endroits à l'air libre et bien définis à l'avance par les chefs de clans sans qu'on s'attaquât aux habitations ou aux femmes, et encore moins aux enfants trop jeunes pour combattre. Pourtant, partout où il était passé, cadavres à moitié décomposés et maison réduites en cendres emplissaient son regard baigné de larmes, comme si une tornade de batailles meurtrières s'était déchaînée sur la région. En lui se mêlaient des sentiments de rage, de douleur et de tristesse, lesquels accumulés menait à une envie de vengeance qui le dévorait de plus en plus. Il jura sur toutes les entités qu'il connaissait qu'il vengerai un jour tout ces cousins qu'il n'a jamais connu. et rejoindre le Gondor le lui permettrait sûrement. Il devait lui permettre de tuer les auteurs de ces atrocités.

Nayoko avança d'un pas. Dans son esprit, tout était déjà clair depuis longtemps, mais maintenant que son but s'étendait devant lui, il ne pouvait qu'hésiter. L'accueilleront-ils aussi bien qu'il se l'était imaginé ? Il est vrai que leurs royaumes étaient en guerre depuis toujours, aussi peut-être le rejetteraient-ils, ou encore le feraient-ils prisonnier ! Qui sait... Nayoko frissonna d'hésitation. Une seconde. Il ne pouvait retourner en arrière. Il ne devait pas retourner en arrière, il n'avait plus le choix.
Prenant une grande inspiration, le jeune homme fit un pas en avant et commença à descendre lentement la légère pente gravillonnée qui le mènerait aux abords du fleuve frontière. Il espérait pouvoir s'y réapprovisionner en eau et peut-être en herbe, car comme tous ceux de son pays, il avait une lourde dépendance au haschich, et cela faisait bien une semaine qu'il n'en avait plus. Il en titubait même à chaque pas, malgré un esprit tout à fait ouvert et réfléchit. Il faillit chuter trois fois lors de sa descente, bien que la colline ne soit pas très pentue, dont une qui aurait put lui coûter la vie. Cependant, comme durant le reste de son voyage, la chance semblait lui sourire, le protégeant de son enveloppe invisible des dangers de ce monde, et il ne chuta point, trouvant toujours un appui stable où se retenir.
Il sentit encore un fois son pied glisser sur une pierre effritée, et alors qu'il tournait son regard hagard de tous côtés afin de trouver l'endroit qui le retiendrai, il vit de nombreuses scènes de sa courte vie apparaître devant ses yeux. La première fois qu'il avait vu un soldat, et qu'il s'était promit de devenir l'un d'eux. Le jour où ses deux sœurs jumelles étaient nées, et que pour la première fois il avait ressentit la jalousie. Tout cela lui revenait avec une force, une vivacité étonnante. On aurait crut être revenu plusieurs années en arrière. Allait-il mourir ? On lui avait souvent affirmé qu'au moment de rejoindre les dieux on voyait toute sa vie défiler devant ses yeux, avant de devenir une coque aussi vide que l'était un squelette mort depuis des décennies. Qu'il aurait été bête de mourir maintenant ; si bêtement. Aurait-il fait tout ce voyage pour rien ? Qui se souviendrait de lui ? Personne. Ni sa famille, qui l'avait rejeté lorsqu'il était partit. Ni même celle qu'il avait toujours vue comme sa future épouse, et qui sûrement à l'instant rejoignait l'un de ses anciens compagnons dans sa couche. Il ne pouvait accepter une telle disgrâce. Il avait juré de venger ses pères et ses frères massacrés. Que penseraient les dieux s'il abandonnait maintenant ? Mais n'est-ce pas eux qui désirent déjà le ramener à eux... ?
Le jeune homme sentit pendant un instant une impression de froid l'envahir, et sentit ses paupières s'alourdir. Quoiqu'il fit en cette seconde, cette seconde qui passa comme de longues heures, il continua à tomber, et lorsque qu'enfin le noir l'envahit, il s'évanouit dans une coma profond.
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Neharmack
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Lun 4 Mai - 21:14

La nuit avait ramené ses ailes sombres et reposantes sur la Terre fatiguée par les longues journées que lui faisait vivre les humains. Chaque millimètre de terre, et chaque homme allait enfin pouvoir se reposer. Enfin presque chaque homme. Les temps n’étaient plus à la paix mais aux sombres pensées et aux méfiances… Des troupes s’étaient rassemblées, certaines pour tuer, d’autres pour protéger… Toutes pour un seul combat : gagner.
Neharmack faisait parti du camp qui protégeait, et qui ne dormait pas aussi… Cette nuit il était de garde et devait faire des aller-retours entre la forêt et la citadelle, histoire de s’assurer qu’il n’y aurait pas d’attaque surprise. Il était encore en train d’attacher son ceinturon lorsqu’un soldat vint le chercher :


« C’est votre tour » lança-t-il sans égard et hâtivement, « se s’rait sympa de vous pressez, hier on a perdu du temps… ».

Neharmack, soucieux de ne pas faire de jaloux, prit rapidement son épée, la glissa dans son fourreau, attrapa un morceau de pain et sa gourde qui traînaient et suivi le soldat. Il était sous les ordres du second du capitaine d’Arusha qui dirigeait la résistance d’Osgiliath. Il avait été repéré rapidement par le second et mit « sous la protection du grand chef» à cause de sa « jeunesse et de son passé». Les autres ne voyaient pas ça d’un très bon œil, si jeune, si protégé… Bref tout ce qu’il faut pour plaire…ou justement pas…

Les pensées du jeune homme furent interrompues par les portes qu’on refermait sur lui. Il était maintenant seul, comme les six autres qui se tenaient à côté de lui, pour protéger toute une armée qui dormait.
Son « terrain » s’étendait de la porte ouest à l’Anduin. Il avait 5 kilomètre à parcourir pendant 2 heures, puis un autre prenait sa place, et il avait jusqu’au lendemain soir pour se reposer, sauf en cas d’attaque où il servait comme soldat de réserve.

Il prit donc soin de ranger les quelques affaires qu’il avait emporté et se mit en marche. Le temps était particulièrement clément. Il n’y avait pas un souffle de vent, la lune était très dégagée et aucun nuage n’était en vue. Bref la nuit parfaite pour somnoler et rêver. Après un rapide calcul, il se décida à se diriger vers la rivière : il rentrerait par les coteaux et les champs pour faire un peu plus d’exercice puisqu’il commencerait par descendre.
La marche calma ses pulsions déprimantes et suicidaires. Il faisait trop beau pour songer à mourir et il était trop tard pour mourir sans condamner ceux qui dormaient. Le trajet fut court jusqu’à la rivière mais instructif. Certaines traces de sabots apprirent à l’humain qu’un troupeau de cervidés c’était déplacé pour se rapprocher de la rivière. Des traces de pas le firent se méfier d’un sentier déboisé qu’il nota pour le rapporter à ses supérieurs ; sinon rien d’anormal… Jusqu’à la rivière.

Lorsque Neharmack y arriva, il remplit sa gourde et se rafraîchit longuement la gorge, puis il reprit tranquillement son chemin en se demandant s’il trouverait le troupeau ou quelques autres animaux sur sa route. Après un tournant un peu raide au pied d’une falaise qui s’effritait, c’est sur un tas d’habits en lambeaux qui abritait un humain complètement sonné qu’il chouta. Le jeune soldat se baissa immédiatement, pensant à un piège, mais après quelques minutes rien n’arrivait, tout restait calme. Il s’avança donc légèrement et identifia la cause d’absence de réaction chez la personne à terre. Elle, enfin, « il » devait avoir son âge… peut être un peu plus. Une énorme bosse sur la cheville droite lui notifia qu’il avait la cheville tordue. D’autres blessures sur les jambes et les bras continuaient à saigner sur les habits déchirés, montrant soit qu’il était tombé il y a peu, soit qu’il était à bout de force et que son sang se fatiguait. Une énorme tâche s’était formée sous et aux alentours de la tête. Elle formait une ombre noire, couleur lit de vin sous les reflets de la lune, et mesurait au moins une main de largeur.
Neha’ arracha sa chemise et la découpa en lambeaux. Il trempa les premiers dans l’eau fraîche de la rivière et commença à nettoyer les plaies de la tête. Après quelques minutes, il enserra un bandage propre autour du crâne du jeune homme inconscient puis nettoya toutes les autres blessures. Le temps était passé trop rapidement, et il restait une heure avant la relève de la garde. Ne sachant pas quoi faire du jeune homme, Neharmack hésita. Devait-il le prendre avec lui ?? Réussirait il seulement à le porter jusqu’aux portes ?? Devait-il le laissez là ?? Essayer de le réveiller ??
La réponse vint d’elle-même…



HRP : Je t’en ferais pas des comme ça tout le temps ! xD
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Mar 5 Mai - 19:57

Du sable. Des pierres, et encore du sable. Partout, partout où son regard se posait, se glissait, des milliards de grains de sable et de cailloux s'étalaient devant son regard hagard et fatigué. Il ne sentait plus ses jambes, il ne sentait plus ses bras, son corps semblait vouloir s'affaisser et un instant il ne vit plus que du noir et du blanc. Quand enfin ses paupières se rouvrirent enfin après un effort presque inhumain vu son état, l'éclat de soleil transperça ses pupilles d'un bleu profond et le figea sur place. Il ne ressentait pas la douleur, il ne ressentait plus le mal. Ni la chaleur sur sa peau brune et brûlée, ni les flammes rayonnante du soleil dans ses yeux, brûlants ses pupilles trop claires pour supporter tel éclat. Depuis le temps que ses pas traînaient sur le sable jaune et gris du désert, la routine s'était installée, et le temps s'écoulait sans qu'il en prit conscience. Combien de temps s'était écoulé depuis son départ, depuis son premier pas en dehors de cet endroit qu'il avait toujours crut être chez lui ? Depuis combien de temps le soleil le regardait-il tel l'immense et puissant astre qu'il était, le narguant de là-haut, lui, pauvre humain se couchant sous sa force irréelle ? A toutes ces questions, il n'avait réponse. Pour lui ne comptait plus rien ; seuls le sable et les pierres, toujours plus nombreuses, plus proches, plus sombres, plus tranchantes. Le noir revint à plusieurs reprises, mais lui, comme un automate, continuait d'avancer. Un pied, puis l'autre. Toujours plus loin, toujours plus loin. Au fond, à l'horizon où le soleil ne semblait pas vouloir aller se coucher, apparut une lumière. Une lumière sombre. Une lumière noire. Des éclairs, et cette lumière. Cette lumière sombre comme les ténèbres, éclairant en même temps l'ensemble du monde étrange où il se trouvait. Tout autour de lui, ses convictions de réalité semblaient s'effondrer, et son esprit trop embrouillé n'eut que le temps de se réveiller avant de se faire engloutir par l'ombre de l'être qu'on appelait la Mort.

Au début, rien ne changea. Le noir, toujours. La douleur, toujours. La lumière, encore et toujours présente, dans le lointain, rayonnant dans son esprit. Encore ce noir, cette lumière noire. Puis arriva ensuite la brûlure. Le dos, les bras, les jambes, la tête. Rien n'y échappait. Tout son corps criait à la mort. La douleur le prit comme un coup de vent. Douleur. Ce mot signifiait lui-même la vie. On lui avait souvent dit que tant qu'on sentait le mal en soi, alors notre corps et notre âme n'avaient pas totalement quittées ce monde. Mais qui voudrait rester en ces terres, ou souffrance et mort son reines ? Partout elles guettaient, partout elles scrutaient, suçant ci-et-là chaque once de vie et d'espoir. Il sentait encore résonner dans sa tête la douche voix qui l'appelait. Avait-il vraiment bien fait de revenir en ce monde ? Malheureusement, ce ne fut pas à lui d'en décider. La douleur semblait s'apaiser. La douleur sembla s'enfuir durant un instant. Un court, un simple instant. Une seconde répit. Revenant, moins vive, plus douce, mais toujours aussi présente, cette douleur qui lui emplissait le corps et l'esprit l'obligea à ouvrir les yeux.
Du noir. Encore. Toujours. Indéfiniment. Du noir. Il cligna des yeux, mais la lumière noire qu'il apercevait loin devant lui persistait et ne semblait aucunement vouloir s'enfuir. Du noir et du mal. Était-ce ça, la vie ? Sa nouvelle vie ? Avait-il refusé une mort à l'air si douce pour ça ? Pour que tout le reste de sa vie il marchât comme un aveugle et un inutile ? Avait-il été si mauvais que ça pour mériter ce sort ? Il n'avait réponse à toutes ses questions qui traversaient son esprit de part en part, le laissant sans repos. Il cligna encore des yeux. Une fois, deux fois, trois fois. Il cligna des yeux tant qu'il put. Il ne voulait vivre ce monde sans couleurs. Il ne voulait passer le reste de sa maudite existence dans ce monde de ténèbres et de mort sans que parfois la vue de quelques actes héroïques, de quelques joyeux compagnons, de quelques animaux jouant, ne lui apporte un dixième du bonheur qu'il souhaitait. Ce n'est que dans un immense effort de volonté que Nayoko ouvrit la bouche. Lui, Nayoko, le jeune homme aux membres atrophiés, lui, le jeune homme au crâne si mal en point qu'il n'aurait dut en survivre. Malheureusement, pour lui, pour nous, et pour tous ceux auxquels il ferait du mal dans un avenir proche, ou encore un avenir lointain, si dans leur miséricorde les dieux décidaient de lui faire subir de longues années encore. Heureux finalement étaient ceux qui n'avaient en cet instant plus que quelques jours, quelques heures, quelques simples secondes même à vivre. Qu'aurait-il donné pour être à leurs places, à tous ? A tout cela, qui dans peu rejoindrai un autre-monde à l'air si accueillant. Ce qu'il en avait vu, il aurait voulu le garder pour lui à jamais, le garder comme refuge pour ses moments de déprime et de malêtre qui jalonnaient son existence comme celle de tous les être vivants de cette triste et morne planète.

"..."

Comment ? Il enten... Non, il sentait un souffle sur sa joue. La douleur l'avait quittée. Pendant une seconde, rien d'autre ne fut plus important pour lui que de sentir ce souffle sur sa joue, rien d'autre ne fut plus important que cette sensation de présence à ses côtés. Il ne voyait pas, il ne ressentait plus rien d'autre que cette sensation de douce chaleur. De sa joue, elle sembla se répandre partout sur sa peau, glissant sur son visage et ses épaules. Ses vêtements se soulevèrent sous l'effet de ce souffle à l'origine encore bien inconnu. il sentit autre chose, mais quoi ? Quelque que chose de froid, de doux. Froid et chaud, doux et rugueux en même temps, selon les endroits. Il ne sut mettre un mot sur ces ressentiments, mais il était sûre sans aucun doute que quelque chose se tenait au-dessus de son corps probablement allongé. Oui, il devait être allongé, puisqu'il sentait quelque chose de dur sous son dos, et rien d'autre ne le gênait si ce n'est ces pierres tranchantes. Ces pierres tranchantes... Il revit un court instant le sable, l'astre et ses rayons soufflant sur sa peau. Ses rayons, si doux, si chaud, si différents mais encore si doux que ce souffle qui toujours lui massait le corps. Il allait et venait, encore et toujours, effleurant chacune partie de son corps comme le vent caresse les feuilles des arbres en été, la chaleur présente comme en chaque seconde sur leurs troncs ruisselants et dorés. Nayoko aurait voulu tendre la main, tendre la bras, tendre son corps entier vers l'origine de ce souffle, de cet air si rassurant, si bon, si prêt de lui et pourtant inaccessible. Sa vie se résumerait-elle finalement à ça ? Vivre sans voir, sans savoir, sans pouvoir ? Quoi qu'il fit pour soulever ne serait-ce qu'une infime partie de son corps, rien ne bougeait. Peut-être n'en avait-il pas la force, peut-être en n'avait-il pas l'envie, le véritable désir. Pourtant son corps entier demandait à se rapprocher, à se coller, à se donner. Mais l'âme suivait-elle ? Cette envie corporelle n'était-elle pas en dehors de tout contrôle intellectuel ? Son esprit était-il en effet capable, était-il en effet en état de commander une telle masse ? Était-il en état de soulever pareil être ? Il fallait bien entendu préciser qu'au derrière de la scène, caché derrière ces cheveux si longs, si gras, si sales et crépus, se cachait une large faille entre deux mondes. Notre monde que l'on connaît bien, que l'on aime moins que tout au monde tout en l'adorant, que l'on aimerait pouvoir à l'instant, et un autre monde, bien peu connu, bien peu reconnu. Celui qu'on appelle le monde intérieur, de l'âme, de la pensée. Et lorsqu'une faille s'ouvre entre ses mondes, entre l'air et le cerveau, comme les nommeraient certains être plus rationnels, et que le liquide de la vie s'écoule, on se demande pourquoi l'on vit, on se demande pour qui l'on vit. On se demande la raison de notre existence, et pourquoi l'on ne se laisserait pas bercer par les vagues fulgurantes qui s'écrasent en nous, qui nous caressent et nous portent sans raison vers l'infini et la joie, le bonheur, la vie éternelle.
C'est ça que le jeune homme, toujours allongé, toujours sans vie apparente, repassait dans son esprit torturé entre la vie et la mort, bien qu'il sut déjà comment ces réflexions finiraient : il vivrait. Il vivrait, voilà la seule chose sûre à laquelle il pouvait penser en cet instant. Il se demandait désormais, non pas s'il était bien qu'il soit revenu en ce monde, ni s'il allait devoir vivre sans la vue, mais simplement s'il vivrait aussi bien qu'avant, s'il aimerait encore vivre auprès des autres, et si on l'accepterait encore. Il n'avait plus peur de vivre, il n'avait plus peur d'être aveugle, il ressentait simplement le besoin d'être encore accepté par les autres, de faire partit d'un groupe, de se retrouver au milieu de gens qui l'accepteront.
Une seule chose le séparait de tout cela, mais lui-même ne le savait pas encore, car dans sa demi-inconscience, il n'avait pas fait attention à chaque détails autour de lui. Il lança toute sa volonté, toute son énergie, toute sa vie en un ultime effort. Il se voyait se lever, péniblement, difficilement, souffrant à chaque étape, à chaque étage, le poids de tout son corps meurtrit posé sur ses deux bras frêles et cassants. Il vit le moment où il se tenait enfin debout, les deux pieds posés plus ou moins sûrement à plat sur le sol gravilloné de la rivière, les bras ballants, le cœur battant à tout rompre. Rien ne se passa, du moins, ne s'en rendit-il pas compte dans la seconde qui suivit, car le noir persista un moment, bien que moins dense.
Il ouvrit les yeux.
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Neharmack
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Dim 10 Mai - 22:56

Le corps tressauta, se révulsa, le visage passa d’un blanc mortel à un rose pâle qui rappelle l’aube, la bouche se tordit en un rictus de malade à l’agonie, les membres s’agitèrent comme tirés par des ficelles invisibles. Finalement l’humain reprenait vie. Elle recommençait à circuler par flot, faisant bouger se corps, le commandant, l’obligeant à se réveiller, à reprendre des couleurs. Le cœur avait reprit le dessus, le sang avait repris son court. L’heure de l’au-delà n’était donc pas encore arrivée, et Neharmack allait se retrouver avec un malade agonisant sur les bras. L’heure tournait avec une impression de rapidité effrayante. S’il n’arrivait pas à l’heure donné, il avait deux solutions : le premier il serait déclaré déserteur (ce qui arrangerait grandement ses compagnons d'armes), le second on organiserait une battue pour le retrouver. Dans tous les cas il allait se faire « tuer » par ses subordonnés. Un mouvement venant du raz du sol fit sursauter Neharmack. Le jeune homme étendu à terre avait finalement ouvert les yeux. Après quelques minutes d’attente, pas un mot n’avait été prononcé et le corps ne bougeait plus. Dans un soupir, Neharmack s'assit auprès de lui et lui parla :

"Bon mon gars, faudrait que tu te réveilles un peu pour que tu puisses baragouiner un peu ce qui t'es arriver. Je peux pas faire grand chose si je sais pas qui tu es... Si dans trente secondes t'as pas bougé, je te laisse crever là..."

On ne tient jamais les promesses qui sont des menaces... Jamais...
Il avança de quelques pas pour voir s'il le jeune homme allait réagir. Au début du sentier, voyant qu'il n'avait pas esquissé un geste, Neharmack revint sur ses pas. Il se pencha et ramassa son nouvel "ami" comme un sac de noix. Il avait un poids tout à fait normal mais trop lourd pour être porté sur les 7 kilomètres qui séparait le rôdeur à la forteresse. Il espérait donc qu’il reprendrait rapidement une connaissance totale. Et puis qu’en ferait-il là bas? Et si c’était un espion, n’en profiterait-il pas pour le poignarder pendant qu’il marchait?
Finalement Neharmack se mit en route, chargé de l’humain sur son dos. L’air se faisait moins frais, les oiseaux se réveillaient calmement et commençaient à piailler. Les animaux sauvages laissaient des traces plus fraîches. Finalement en même temps que l’humain retrouvait peu à peu ses esprits, c’est la vie qui reprenait dans le forêt. La vie était elle donc liée à l'environnement? Toutes les nuits, Nehramack souhaitait la mort, les souvenirs le submergeait en même temps que les ombres. En revanche, chaque matin, à chaque fois que le soleil se relevait il reprenait du poil de la bête, l'espoir le submergeait en même temps que les rayons du soleil. Et le cycle infernal de la déprime et de l'espoir recommençait. Jusqu'au jour ou peut être il craquerait... Et peut être même bientôt...
Après une heure de marche longue et pénible, Neharmack se força à poser le jeune homme pour une petite pose. Il n'avait jamais été un surhomme et l'humain commençait à lui peser. De plus il n’était plus très loin du fort et il lui fallait trouver une solution pour annoncer la nouvelle à ses supérieurs. En attendant il allait recommencer à essayer de parler à l'humain :

"Bon là on est bientôt arrivé, ce serait pas mal si tu pouvais m'aider à te connaître un peu mieux... Parce que sinon on risque de pas aller bien loin après les portes... T'as pas l'air bien méchant, mais c'est pas moi qui décide alors..."

HRP : Je ne peux toujours pas faire plus long désolée... xD
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Jeu 14 Mai - 10:22

Le noir s'était évaporé. Durant les quelques millièmes de secondes qu'il avait mis pour ouvrir les yeux, Nayoko avait vu se fondre la noirceur de sa vie future se fondre pour laisser apparaître une étrange ombre grisâtre à l'air chaleureuse. Puis, tout comme son prédécesseur, l'ombre disparue. Une nouvelle couleur s'offrit à lui, ou plutôt des nouvelles couleurs. Mélange du ciel et de ses compagnons les nuages, planant au beau milieu d'une aurore magnifique, les bleus et les rouges se mêlaient sans distinction aux argentés les plus purs qui arpentaient le ciel tels de véritables vaisseaux. Où qu'il posât son regard embrumé, la beauté et la chaleur de tout un monde venait à lut et envahissait son esprit. Tout en lui n'était qu'extase. Il vivait un véritable rêve, il ne pouvait vivre qu'un rêve. Ce monde-ci n'avait rien à voir avec celui qu'il pensait retrouver, où le ciel est sans couleur et les nuages sans vie, où la nuit règne sans continue. Non, les dieux l'avaient finalement épargné et ses plaintes avaient atteints leurs résidence. Les avait-il donc rejoint, dans leur monde de beauté et de joie ?
Il voulut se lever, mais quoi qu'il fit en ce sens, il ne sentit pas la moindre parcelle de son corps bouger, ni frémir, ni quoi que ce soit qui aurait put lui prouver qu'il était encore en vie. Seul sa vision des nuages brillant de milles feux sur un fond rouge sang et jaune d'or lui disait qu'une once de conscience résidait encore dans son corps trop brisé. Il n'entendait rien ni ne ressentait quoi que ce fût. C'était étrange, et tout à la fois agréable, car les douleurs qu'il avait ressentit quelques... instants plus tôt, à moins que ce fut des heures ou bien même des jours. Il ne savait plus. Le temps était quelque chose de si incompréhensible. Peut-être était-il unique pour chacun, qui sait. Peut-être que lorsque lui pensait vivre des années, ses compagnons ne voyaient passer qu'une journée, une année, quoi que sait-on encore ! C'était si étrange et si compliqué...

Ce fut quelques heures plus tard, du moins le temps qui passa entre le moment où il ouvrit les yeux et celui-ci lui parut durer des heures interminable, qu'il sentit quelque chose se glisser sous lui. On le soulevait ! Il sentit certains de ses cheveux se décoller du sol avec à chaque fois une vive douleur qu'il ressentit partout en lui, mais cela n'était rien face à la surprise dans laquelle il baignait. La surprise et l'expectative. Il se laisse tout de même porter, ne pouvant que fixer l'immensité bleue du ciel. Il n'entendait rien, il ne voyait rien. Un instant un visage juvénile apparu devant lui mais il n'eut le temps d'en garder quelques détails. Il n'avait vu que ses lèvres remuer un moment, mais il aurait été muet que le jeune homme, dans le piteuse état dans lequel il était, n'aurait pas moins compris. Il vit passer son visage comme il verrait un éclair se dessiner devant lui. Il le trouva... beau. Il cligna des yeux, surpris de cette pensée, les ferma, les rouvrit, puis sombra dans un sommeil sans nom et, peut-être, sans retour. Dans sa tête flottait un visage étincelant.
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Neharmack
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Ven 22 Mai - 11:11

Toujours pas de réaction, c’était toujours un être immobile qui gisait aux pieds de Neharmack. Les insultes ne faisaient rien, pas plus que le marchandage ou les menaces. Pourtant pendant un quart tout y était passé, mais rien ne semblait pouvoir faire sortir l’humain de son sommeil bizarre. Était-ce les blessures? Sûrement, ou peut être qu’il se laissait mourir aussi… C’était une solution plus que probable, les soins ayant été prodigués assez rapidement, il n’avait aucune raison de ne pas se réveiller. Il avait bien ouvert les yeux une fois, mais seulement pendant une demi seconde pour retomber ensuite dans le coma. Peut être que la chute du haut de la falaise n'était pas dû à la maladresse mais à une envie, c'était peut être tout simplement un suicide. Neharmack s’assit à côté du corps et se remit à parler :

« Bon mon gars vraiment j’en ai marre là. Si dans deux minutes tu te réveilles pas, je te fou
une trempe de chien. Et si tu te réveilles toujours pas je t’abandonne. T’es marrant mais c’est pas toi qui porte et t’es pas attendu par une armée pour faire un compte-rendu alors se serait sympa si tu pouvais te bouger les neurones… »

Pas de réaction, encore une fois…

*Bon je fais quoi là… J’attend deux minutes et je le frappe…ouai c’est ça… faut dire qu’il a pas une mauvaise tête, et puis il est déjà bien abîmé… J’ai pas envie de l’amocher encore plus…*

Un oiseau s’approchait discrètement des deux humains pendant que Neharmack faisait son soliloque. Quand le jeune soldat s’en aperçu, il sorti un reste de quignon de pain qui traînait dans son sac et l’émietta sur le sol.

« Toi au moins t’as pas l’air endormi ! » Rajouta-t-il dans un demi sourire quand il vit l’oisillon se jeter dessus. « Tiens, ça me donne un idée ça! »

Il se mit alors à fouiller dans son sac et en tira sa gourde à moitié pleine.

*on va voir si ça le fait réagir*
.

Il porta doucement la tête du jeune homme dans ses bras jusqu’à la gourde, entrouvrit les lèvres, et força quelques gouttes d’eau à y rentrer. L'oiseau pencha la tête de côté et regardait l'opération, il poussait quelques cris quand des gouttes s'échappaient des lèvres et s'écrasaient sur le sol. Elles finirent
finalement par disparaître mais l’esprit n'était pas revenu… Neharmack posa la gourde avec rage.

« Ah tu me saoules !!! Bah maintenant je vais y aller avec les coups, c’est tout ce qu’il me reste ! »

Les gestes trop vifs et violents avaient fait fuir le petit oiseau ce qui rendit Neharmack encore plus furieux. Il se pencha sur le corps inerte et lui mit une claque si forte que le bruit résonna pendant quelques minutes dans la forêt.

« C’est bon, maintenant je t’ai remis les idées en place ? Oh et puis crève... Ça sera plus simple pour nous deux. Après tout c'est ce que tu voulais je crois...»

Sur ce il ramassa son paquetage, enfila la cordelette de sa gourde autour de son torse et parti, sans même un regard en arrière pour le corps qui refusait la vie...
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Sam 23 Mai - 21:21

[i]Pourquoi le noir était-il revenu ? Non, il ne voulait pas que cela se finisse comme ça, ce n'était pas ce qu'il avait vu, ce n'était pas ce qu'il avait prévu. Il aurait dut se réveiller, il aurait dut ouvrir entièrement les yeux et rejoindre ce monde, enfin, intégralement, comme le jeune vivace qu'il était... Qu'il était. C'était bien ça. C'était du passé, que du passé, seulement du passé. Ce ne serait jamais comme avant, non. Il ne marcherait plus, ne vivrait plus ? Quoiqu'il tenta dans son for intérieur, quoiqu'il tenta de toute sa volonté, ou du moins de ce qu'il en restait, rien ne se fit. Il réussit à ouvrir les yeux, mais automatiquement ils se refermèrent. Il aperçu une seconde fois un ombre, un visage, ce visage. Cet vision resta bloquée dans son esprit et ce fut grâce à cette envie qui le prenait de voir à nouveau ce visage... si beau, qu'il réussit à finalement ouvrir les yeux, définitivement.

L'Anduin, ce long et large fleuve qui séparait deux mondes, ce long et large fleuve qui séparait deux royaumes ennemis. Oui, oui, il se rappelait. Lentement, ses doigts glissèrent contre les cailloux, glissèrent contre les pierres et les nombreux graviers. Ils touchèrent de leurs extrémités quelque chose de dur. Ils remontèrent la légère pente et quand ils arrivèrent à son sommet, il s'aperçut enfin qu'il était vivant. Il laissa tout son être se relâcher afin de s'assurer que cela n'était pas qu'un rêve. Non, il voyait bel et bien les oiseaux voleter dans le ciel, il voyait bel et bien les nuages se déplacer lentement au-dessus de ses yeux hagards. Il laissa un soupir s'échapper d'entre ses lèvres. Un soupir de soulagement et de fatigue mais qui en même temps appelait à l'aide. Doux mais puissant, il sortit de sa bouche comme un cri de douleur jouissif. Sa poitrine s'élevait et se rabaissait à vitesse constante. Très lentement l'air entrait dans ses poumons, en ressortait, mais entre chaque inspiration un temps égal s'écoulait. Tous ces signes lui éclairèrent l'esprit. Il pensa à l'instant qu'il n'avait rien. Ses mains se reposèrent au sol avec délicatesse et avec toute la force qu'il pensait posséder, il poussa.
Brisé. Il était brisé. Vivant, certes, mais son corps ne répondait plus, son corps n'avait plus la force de se plier à ses désirs, ses attentes, ses besoins. Il ne pouvait plus subvenir à lui-même en cet instant, et il savait que si rien ni personne ne venait à lui il mourrait, et cette fois bel et bien. Il mourrait comme un chien, comme le chien qu'il était dans son clan et qu'il avait toujours été. Personne ne s'en rendrait compte. Personne ne le pleurerait.

Son esprit avait encore bien du mal apparemment à rester clair et ouvert. Ses yeux toujours ouverts, cependant, reflétaient toute l'anxiété qu'il le prenait de plus en plus profond. Qui le mordait et le brûlait. Il avait du mal respirait. Il voulait vivre. Il avait pris la décision de vivre, de survivre. Il était prêt à se battre, à nouveau, comme avant ; mais dans l'autre camp... Les dieux de ses ancêtres le punissaient peut-être de cette pensée, mais le jeune homme se savait trop jeune pour mourir. Il combattrait intérieurement, jusqu'à la fin des temps s'il le fallait, mais il combattrait pour qu'enfin il soit libéré de cette emprise et de ce mal, qu'enfin il puisse se battre pour ses convictions et ses désirs.
C'est à ce moment là qu'une vive douleur lui explosa la joue, laquelle fut suivie d'une voix plutôt énervée :


« C’est bon, maintenant je t’ai remis les idées en place ? Oh et puis crève... Ça sera plus simple pour nous deux. Après tout c'est ce que tu voulais je crois...»


Non ! Il ne voulait pas mourir ! Il était seulement... seul. Seulement seul et brisé. Sans aide, sans personne. Il entrouvrit les lèvres dans un effort qu'il n'aurait pas cru possible dans son état, et d'entre elle s'échappèrent des mots qui ressemblaient plus à un soupir de mourant qu'à des paroles :

"Je ne veux pas mourir..."


Dernière édition par Nayoko le Ven 5 Juin - 16:47, édité 1 fois
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Neharmack
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Lun 1 Juin - 19:08

"Je ne veux pas mourir!"

La voix avait raisonné, faible et plaintive, comme un coup de tonnerre au loin auquel on ne s'attend pas et qui s'estompe rapidement. IL avait enfin répondu, IL avait enfin repris conscience, IL avait enfin compris que seul il ne pouvait pas grand chose. Neharmack se retourna doucement comme pour s'assurer qu'il n'avait pas rêvé. Le bruit de ses pas semblait troubler la Terre entière, chaque craquement de branche lui coupait le souffle, il avait peur de gêner cette vie retrouvée. Le jeune humain était toujours dans la même position, seul sa tête avait un peu bougé et ses lèvres étaient entre-ouvertes, tout comme ses yeux. Deux yeux noirs qui le fixaient avec une intensité troublante. Ils n'exprimaient aucune raison de vivre, seul le dérangement les avaient forcé à se rouvrir. Neharmack comprit qu'il lui faudrait toute sa bonne volonté pour faire faire un pas vers la vie au jeune homme. Plus rien ne respirait la gaîté et la joie de vivre, plus aucun sentiments de joie ne transparaissait dans l'attitude, même les yeux réclamaient la mort.
Le jeune soldat se rapprocha du corps allongé et refit couler de l'eau entre les lèvres entrouvertes. Les yeux le fixaient toujours avec autant d'intensité, ils détaillaient chaque coins de son visage, s'attardèrent sur les lèvres pincées, puis se refermèrent doucement. Neharmack ne parlait plus, il fallait du temps au jeune homme pour qu'il reprenne pleinement conscience. Et se temps, il devait le prendre, tant pis pour sa mission.
Un "merci" sourd se fit entendre tendit que Neharmack rangeait la gourde dans le paquetage pour la ixième fois. Pensant qu'il était temps de savoir à qui il avait à faire, il demanda :


"Ami... cela fait plusieurs heures que je te porte inanimé, j'aimerai savoir à qui j'ai eu l'honneur de rétablir la conscience? Pour ma part, mon nom est Neharmack, je suis un "rôdeur" au service du roi du Gondor. SI tu veux de la nourriture, il doit me rester un morceau de pain, il suffit que tu me le demandes."

Et enfin le jeune homme parla avec cet accent teinté de vie et de soleil, faisant remonter en flèche le moral de Neharmack.
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MessageSujet: Re: "Sieste" sur les rives de l'Anduin   Mer 29 Juil - 12:58

"Ami... cela fait plusieurs heures que je te porte inanimé, j'aimerai savoir à qui j'ai eu l'honneur de rétablir la conscience ? Pour ma part, mon nom est Neharmack, je suis un "rôdeur" au service du roi du Gondor. SI tu veux de la nourriture, il doit me rester un morceau de pain, il suffit que tu me le demandes."

Ami... Ami ? Quel était ce mot ? Il ne l'avait jamais entendu, mais il devinait au plus profond de lui-même ce qu'il signifiait. Il ne se rappelait pas que dans son pays natal on l'eut jamais nommé comme tel, lui, ou bien même l'un de ses compagnons. C'est ainsi qu'ils se parlaient, "chez lui", à l'Est : nous étions les compagnons des uns et des autres, tout en vivant dans la solitude. A ces pensées un sourire s'éclaira dans l'esprit du jeune homme, sa mâchoire encore bien trop faible pour l'esquisser. Un sentiment étrange le prit sur l'instant, un sentiment qu'il ne sut nommer ni décrire... Il cligna nombreuses fois des yeux, afin de... Afin de quoi ? Il savait qu'il ne vivait pas un rêve. Sa douleur avait été si réelle, et cette appréhension qui l'enflammait de toute part... Les morts ne pouvaient vivre ce genre de ressentiments, il en avait la certitude.

"Je peux me lever sans votre aide"

Sa voix n'avait plus le ton douloureux qui la teintait peu de temps auparavant. Elle était sûre et ensoleillée, heureuse de vivre pleinement une autre journée sur cette terre. Le ton de sa voix n'était pourtant que contraste avec les nombreux sentiments qui s'échappaient de son visage et de tout son être : peur, douleur, terreur, dureté. Le jeune homme se retrouvé debout en quelques secondes... Avant de s'écrouler à nouveau.
Sa tête tournait, son corps, si lourd, si engourdi, lu faisait mal. Apparemment le corps n'avait point suivit l'esprit. Il lui faudrait sûrement attendre avant de pouvoir à nouveau marcher et il n'imaginait pas pouvoir tenir une épée avant de longs, très longs mois. Il cligna à nouveaux des yeux et tourna son regard teinté de sang vers la personne qui se tenait près de lui, et qu'il n'avait encore pris le temps de regarder.
Il fut étonné de la jeunesse de cette personne. Il s'attendait point certes à voir l'un des vieux de la guerre qui se croient encore aussi forts qu'aux temps de leurs jeunesse, mais lui, lui, ce jeune homme à la voix si douce... Il ne devait point dépasser les vingts ans. Son visage ovale et défiguré par deux cicatrices soulignant deux yeux bruns et profonds, sa bouche étirée en un sourire qui rendait le tout bien étrange... Nayoko sentit un poussée d'envie vers lui et aurait voulu que sa vie s'arrête finalement en cet instant, qu'il puisse sentir ce regard sur lui pour l'éternité. Les longs cheveux qui encadraient le visage du rôdeur s'envolèrent sous un nouveau vent frivole, attirant l'attention de Nayoko, et le détachant en même temps de l'emprise qui s'appliquait sur lui. Il s'obligea à détourner la tête et à la raposer sur le sol.
Il ne pouvait plus bouger, il le savait, et peut-être qu'il ne pourrait plus jamais tenir d'arme dans sa main. Ses bras lui faisaient tellement mal... Il était étrange, ne trouvez-vous pas, que le jeune homme, bien qu'incapable de bouger le petit doigt sans douleur, ne pense encore qu'au fait qu'il ne pourrait plus se battre ? Se battre était en réalité la seule chose qui le rattachait à la vie. Son seul but : ...
Pris d'un puissant spasme, le jeune homme sentit son corps se durcir alors que son esprit tourbillonnait dans les multitudes parties de l'univers. Il s'évanouit pour une énième fois.
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